Le topo et son organisation

4 Fév 2025 | PlanEXE Topo | 0 commentaires

La qualité du levé topographique a une très grande importance ainsi que le traitement des informations qui en découlent, comme nous l’avons traité dans l’article consacré au levé topographique.

Mais un bon levé n’est possible sans un bon topo.

La tâche complexe du géomètre topopgraphe

Nous prenons ici pour exemple la réalisation de levé topographique mais ceci est valable pour une grande partie des interventions opérées par le géomètre.

Réaliser un levé topographique n’est pas chose aisée. L’essence même de cette intervention, est de retranscrire le plus fidèlement possible la géométrie du terrain, ainsi que la multitude de détails pouvant être nécessaires au montage du projet et à l’établissement des plans.

Le géomètre ne se contente pas de poser la canne et d’enregistrer des points à droite ou à gauche en couvrant au mieux la surface concernée.

Il visualise la meilleure manière de modéliser les formes complexes des reliefs du terrain, avec comme seul outils, sa canne et le choix entre des points, des lignes et, en option, une codification.

En plus de cela, il doit veiller à prendre suffisamment de points mais sans avoir la possibilité d’en prendre de trop, tout en n’oubliant aucun détail, car cela pourrait potentiellement corrompre l’interprétation du projeteur et fausser le projet.

Au-delà de la complexité de l’opération du géomètre, il y a également une pression particulière quant à la qualité de son travail, car l’impact d’un travail négligé peut avoir de grosses conséquences en termes de travaux, donc également de finances. Par exemple, la mauvaise modélisation du terrain peut fausser le mouvement des terres et tout ce que cela implique par la suite.

triptyque terrain

En admettant que nous soyons conscients de cela, prend-on réellement en compte ces paramètres lorsqu’on lui commande une intervention ?

Effectivement, on se dit que c’est son métier et qu’il doit savoir le faire tout simplement.

Maintenant, imaginez un instant travailler dans des conditions changeantes, avec des paramètres que vous ne maîtrisez pas et que vous n’avez pas de procédure ou  méthode prédéfinie pour telle ou telle condition.

Vous réalisez, par exemple, un tableau Excel afin de calculer des volumes. Vous saisissez vos données et certaines cellules restent blanches. La donnée est bien là et vous pouvez la visualiser, mais uniquement en cliquant dessus. Vous pouvez l’utiliser pour réaliser votre calcul, mais vous ne la voyez pas le reste du temps.

Et maintenant imaginez le géomètre dans les herbes hautes, sentant sous ses pieds une déclivité, un changement de pente ou même un début de crête de talus. Il visualise le relief à ses pieds mais pas à 5m.

Il n’est pas facile, que ce soit dans le tableau comme sur le terrain, de réaliser quoi que ce soit sans avoir une vision d’ensemble. Comment savoir instantanément si vous avez bien tout pris en compte, si ce n’est en ayant confiance en ce que vous avez saisi, sachant que si vous omettez une cellule ou une rupture de pente, dans les deux cas les conséquences peuvent être grave.

Ce n’est qu’un exemple, on pourrait évoquer également son manque de connaissance du projet à réaliser, souvent dû au fait que l’on ne l’informe pas ou qu’on ne l’implique pas suffisamment. Il y a aussi le manque de temps à cause d’une demande tardive ou non prévue au planning, ou encore le cumule d’interventions courtes et rapides sur une multitude de chantiers.

Certes, le géomètre connait son métier, mais peu importe le niveau d’expertise, si vous n’avez qu’une pelle à main, vous n’aurez jamais le même rendement, ni la même qualité de travail qu’avec une pelle de 30T guidée par GPS.

Quels moyens donnons-nous aux topos?

Là où je veux en venir, c’est que la réussite d’un levé, ou de n’importe quelle intervention topo d’ailleurs, ne dépend pas uniquement de l’intervenant terrain et de son expertise, mais aussi de son encadrement et des moyens que l’on est prêt à mettre en œuvre pour le permettre.

On ne parle pas ici de moyens financiers, car si ce n’est pas déjà fait, ce serait un des points de base à régler. Mais le plus important est simplement de mettre en place des méthodes et des règles de bonnes pratiques.

Le planning même ajustable à 24h, est une ligne directrice fiable, obligeant l’organisation à tous les niveaux. Un planning, oui, mais un planning prenant réellement en compte tous les paramètres: Les temps de mise en place du matériel et de prise en main du projet, mais aussi et surtout de déplacement.

Une intervention terminée à 18h, voire plus, la veille sur un chantier donné, est incompatible avec une seconde intervention prévue le lendemain à 8h sur un chantier à 400 ou 500 Km de là. Un géomètre fatigué n’est pas un bon géomètre, ou du moins ne l’est pas longtemps.

déplacement géomètre

Le planning a beaucoup de vertus, il permet au géomètre de prévoir sa semaine, de gérer ses temps de prépa, de gérer son matériel. Il permet aussi à l’équipe travaux d’être sûre d’avoir l’intervention souhaitée en temps et en heure et donc de pouvoir suivre son propre planning. Il force également la cohésion des équipes travaux. Si plusieurs interventions sont nécessaires sur différents chantiers, l’encadrement de ces chantiers devra trouver un accord sur la priorité des interventions, sans que ce soit au géomètre, lui-même, de chercher absolument à se couper en douze pour subvenir aux besoins de tous.

Des outils et des méthodes peuvent être mis en place pour optimiser la situation, comme par exemple, un système d’information pour le géomètre, lui permettant de savoir où en est  le chantier et ce qu’on attend précisément de lui.

Peut-être aussi l’établissement de fiches d’intervention rédigées par le conducteur de travaux ou le chef de chantier ou, encore mieux, le chef de service topo si l’entreprise en a un. Ceci pourrait se faire sur une base de fiches électroniques simples à remplir ou, plus ambitieux encore, sur la base d’une application avec des options prédéfinies.

L’idée serait de permettre au géomètre d’intervenir dans les meilleures conditions sans perdre de temps, mais tout en gardant à l’esprit qu’il ne faut pas non plus surcharger l’encadrement avec des procédures trop longues et chronophages.

Un géomètre performant est une charge de moins pour le chef de chantier, par exemple. Ce dernier n’ayant plus forcément besoin de prendre la canne pour autre chose que du suivi ou de la localisation, ou même de chambouler son organisation, car il ne peut libérer une zone sans l’intervention du contrôle géométrique. Une partie du temps qu’il gagne là-dessus pourrait éventuellement être investie dans la commande des interventions.

La qualité du travail d’un topo ne dépend pas uniquement de lui et de son savoir-faire. Il y a une grande partie d’organisation des services en amont et de mise en place de méthode générale.

Tout le monde y gagne en investissant son temps, que ce soit en terme de qualité, de souplesse, de rendement et de sérénité. Les gains sont multiples pour tous les acteurs.

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